Children In Paradise :  » Une page de l’histoire de la musique progressive soft rock « 

Children In Paradise prend à la musique rock ce qu'elle a de plus indépendant, guidée par des ténors tels que Porcupine Tree ou Portishead

« Children in Paradise prend à la musique rock ce qu’elle a de plus indépendant, guidée par des ténors tels que Porcupine Tree ou Portishead »

Que dire, alors qu’on a les tripes à l’air en ce moment, car nous sommes en train de bosser sur « Morrigan  » notre deuxième album, lorsque l’on reçoit ce genre de chronique, deux ans aprés la sortie d’ « Esyllt » , et bien ,cela fait vraiment hyper plaisir ! c’est hyper motivant pour nous et cela nous touche beaucoup… ^^

Alors une énorme bise à David (dit Arch gros barbare / Metal is the Law) et Angelique (de Music Magic Fire / Webzine Rock/ Métal) pour cette belle chronique … un grand merci à vous deux !
La promo que vous faites pour tous les groupes, tous ces musiciens qui ont tant de talent , c’est juste énorme ! Et oui, on l’aime notre « milieu underground » , c’est le lieu privilégié de toutes les inventions et créations artistiques en France, sans code, sans tabous, sans pression des Labels et autres business man! La liberté : cela n’a pas de prix ! Merci à tous les deux !cropped-bandeau-children.jpg

La chronique :

C’est vrai que cet album date un peu, que nous sommes début 2014 et que celui-ci a vu le jour en 2012.

Mais parce que la découverte de Children In Paradise, ma découverte de Children In Paradise, est assez récente, et bien que l’on ait déjà disserté ou tout du moins eu pour sujet ne serait-ce que de manière éphémère, la sortie de ce Esyllt, il apparaissait nécessaire de remettre peut-être le couvert sur ce premier album du groupe et ses soixante quatre minutes de satin.

Si Children In Paradise viennent de Bretagne, il pourrait nous paraître légitime de penser que leurs influences parfois celtiques dans le rock progressif qu’ils proposent sont justifiées et apportent à leur musique ce petit côté folklorique qu’il n’aurait pas eu si le pibilin (cornemuse irlandaise bien sûr) et le low whistle de Loïc Blejean n’avaient pas été distillés d’une manière si noble à des endroits ô combien opportuns sur certaines chansons de l’album comme « My Son ».

Et Esyllt, premier album du groupe donc, autoproduit en fait, est une sorte d’aventure, de roman musical qui est illustré par le développement d’une partie du monde celtique avec en toile de fond un goût prononcé pour la Légende du roi Arthur… C’est avec stupéfaction que l’on découvre un album qui se veut rock dans sa structure (terme palliatif car « rock » veut dire tellement de choses…), très progressif dans sa conception, mais tellement soft et aérien dans son spectre musical. Car en fait loin d’une musique progressive comme l’on aurait pu l’insinuer si nous avions parlé de références telles que Arena, Omega ou autres Pendragon, Children In Paradise s’apparente nettement plus à un petit frère Pink Floydien dans ses désirs les plus atmosphériques, avec cet attachement si particulier que peuvent aussi avoir les Anathema sur des albums tels que Judgement, ou plus encore aujourd’hui sur We’re Here Because We’re Here ou Weather Systems. Pourtant lors de la découverte de l’album, de la première note et du départ, les premières pensées durant « Little Butterfly » furent d’abord orientées vers la scène française, parce que cette manière d’apporter la poésie est similaire à certains groupes comme Amartia le faisait sur quelques chansons de « Delicately » et encore plus comme le divin album de The Last Embrace qu’était Aerial. L’ambiance est feutrée, comme elle le sera d’ailleurs tout au long de l’album, Children In Paradise reste dans cette limite où il semble important de garder un rythme vraiment très mélancolique et plus ou moins ralenti pour permettre ainsi aux guitares de prendre une réelle dimension lorsqu’elles se mettent en avant, prenant le pas sur le piano, les claviers « violoncelliques » dirigeant la mélodie et le lead vers ce monde progressif tant attendu… Avec des chansons qui durent en moyenne six à sept minutes, elles nous offrent de longues flâneries dans un univers si doux, si posé, si reposant et apaisant, que l’on déambule comme une âme perdue dans des corridors sybillins où l’irréel et le fantasmagorique règnent en maîtres. Children In Paradise freine constamment sa vitesse pour que l’auditeur puisse totalement savourer note par note. Des notes travaillées, méticuleuses, où le détail a toujours son importance. C’est le cas sur « King Arthur’s Death » où les passages semi-acoustiques vous délivrent un véritable moment de relief musical avec le passage de l’un à l’autre des écouteurs,juste avant l’envolée (que l’on constatera aussi sur « Don’t Forget Me »). Chose qui ne se remarque pas vraiment mais qui bien que discrète, semble perceptible à moins que je ne me fourvoie…

Mais même si le travail des guitares toujours très suave,allant de concert avec celui de la batterie qui prend des gants de velours pour rythmer avec majesté cette formidable épopée, rien ne serait perçu avec autant de béatitude si la voix de Dam Kat n’avait pas cette signature si particulière. Une voix qui donne aux chansons encore plus de profondeur où sa propriétaire ne joue jamais dans le surfait ; Une voix qui n’appartient qu’à Dam Kat, quelque chose de rare, car elle offre tellement d’émotions, tellement de vibrations que le frisson remonte le long de l’échine sur un titre tel que « My Son » (et bien d’autres). On sent que la vocaliste maîtrise à la perfection cet organe dans ses variations lorsqu’elle s’amuse à nous transporter dans sa forêt celtique,( titre mémorable où ces passages éthérés laissent l’esprit errer au gré de la mélodie tout en embrassant celle de la guitare qui pour une fois depuis le début de l’album se permet de vraiment lâcher prise dans le solo plus intense). Il y avait longtemps qu’un groupe n’avait pas eu la capacité de donner à l’auditeur des moments de bonheur aériens comme October Project savait le faire dans les années 90’s… A partir de ce moment-là on déduit facilement que tout l’album ne sera qu’une continuelle succession de tranches de plaisir, de chapitres ou d’actes indépendants mais pourtant tous en corrélation où le seul but commun n’est que de permettre à l’auditeur de s’abandonner littéralement dans cet univers progressif et celtique notamment sur « The Battle » qui comme son nom l’indique prendra des airs de conflit où le rythme effréné et plus agressif s’en ressent, partant dans des contrées plus psychés et par conséquent vraiment rock.

Cela ne défigurera pas l’album puisque ce genre de fredaines sera relativement isolé tout au long de celui-ci. Il faudra atterrir sur la nuageuse et confortable « Esyllt » pour découvrir pour la première fois les talents de Clotilde Trouillaud à la harpe, qui réitérera cette participation sur deux autres chansons (« Silent Agony » et « Look Around You » dont l’une avec Pat O May à la guitare (« Look Around You »), tous deux artistes reconnus et grandissimes musiciens.

« Esyllt », un titre qui brillera juste en plein milieu de l’album par sa pudeur sur la voix, et son lyrisme exacerbé par la harpe ce qui lui donnera parfois des faux-airs d’un The Dremside sur « Paroles dans la nuit » (de l’album Apaika sorti en 1997) où exaltation et euphorie se mêleront avec confusion.

Children In Paradise prend à la musique rock ce qu’elle a de plus indépendant, guidée par des ténors tels que Porcupine Tree ou Portishead, mais aussi ce qu’elle a de plus fédérateur : cette particularité à placer l’auditeur dans son champ d’action, puis un autre et encore un autre, et arriver à les garder en place jusqu’à la fin des dix chansons. Ces dix chansons qui auront eu pour fil conducteur bien évidemment cette apparence celtique, bien qu’une chanson comme « Don’t Forget Me » aussi fluide soit-elle, puisse avoir un arrière goût des chansons de Sharleen Spiteri et sa bande d’écossais lorsqu’elle explore ses envies de balade. Jusqu’à la fin, jusqu’à l’ultime seconde Children In Paradise sera la caravelle qui nous mènera dans un nouveau monde de musiques rock progressivement éthérées, sur un océan de douceur où jamais l’auditeur ne sera pris dans un tourment inutile et où nulle tempête ne viendra déranger, brusquer le voyage en faisant chavirer l’atmosphère tellement bien calibrée et authentique. « I’m Not Scarred » et « Look Around You » en seront les dernières brises marines qui permettent à cette « charmeuse » caravelle de déposer son protagoniste, et une fois cela fait, celui-ci pouvant la regarder s’éloigner avec « I’m Alive ».

Et c’est vrai, c’est réel, cet album Esyllt nous permet de nous rendre compte que nous sommes bel et bien vivants. Kathy Millot (musiques) et Patrick Boileau (arrangements) ont écrit là une page de l’histoire d’une branche de la musique progressive soft rock, qu’on lise cette page où que l’on passe à côté, elle est là, elle existe et un tel album ne doit pas rester occulté par l’ignorance parce que Children In Paradise signe là une œuvre majeure en la matière…

 

✘ Source : http://www.magicfiremusic.net/chronique.php?id=4787&fb_source=message

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Arch dit :

    Merci à vous d’écrire de la bonne musique surtout 🙂

    J'aime

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